Le sevrage

sevrage

Que vous allaitiez votre bébé au sein ou au biberon, sa nutrition était jusque là présent un acte relativement simple, pour lui comme pour vous. Maintenant qu'il faut passer de la saveur douceâtre du lait et du confort de la tétée, aux aliments consistants et à la petite cuillère, c'est plus compliqué. Ce sont des éléments nouveaux pour l'enfant qui, souvent au début, aura tendance à les refuser : il y a une différence entre la chaleur du sein maternel ou de la tétine et le froid d'une petite cuillère et il ne manquera pas de vous le faire remarquer. Il est donc nécessaire de lui faire connaître cet ustensile avant d'avoir à l'utiliser, pour qu'il puisse se familiariser avec. Il est aussi très important de réfléchir à la façon dont vous lui présenterez la nourriture pour la première fois.

LE PREMIER REPAS

Il se compose d'une petite soupe ou d'une purée de légumes mixés. Vous pourrez choisir des carottes et des pommes de terre pour le début, puis des courgettes, des épinards, et aussi des bulbes de fenouil et des artichauts. L'usage des tomates, de l'ail ou de l'oignon est déconseillé avant l'âge de neuf mois car leur goût est trop prononcé pour le nourrisson. Vous commencerez par lui donner deux cuillères de purée ou de soupe (le midi de préférence) en testant ses goûts, et augmenterez la dose petit à petit tous les trois ou quatre jours.

Vous complèterez évidemment le repas avec du lait. Progressivement, la quantité de légumes augmentera et celle du lait diminuera jusqu'à disparaître des 2 repas principaux.

En plus des légumes mixés, les enfants feront éventuellement connaissance avec les céréales. Vous pourrez mélanger les céréales au lait, puis à la viande, aux légumes et aux fruits, pour en renforcer la valeur nutritive.

Les céréales conseillées sont le riz, le maïs, puis l'avoine, l'orge, le blé et le seigle. Toutes contiennent de l'amidon (qui est un glucide non "sucré") et des protéines d'origine végétale. Vous les trouverez dans le commerce sous forme de farine, de flocons, de crèmes, de semoule, de soupes ou de biscuits pour les rendre plus digestes. Vous introduirez le poisson et la viande aux alentours du cinquième mois, et lorsque vous vous serez assurés que l'enfant le tolère bien, vous introduirez le jaune d'œuf.

Les viandes que l'on peut donner à l'enfant sont le jambon blanc, le poulet, le bœuf, puis le veau et l'agneau. Pour assurer la diversification de l'alimentation de votre enfant et tester ses goûts, vous pourrez avoir recours aux fameux petits pots, ou aux plats déshydratés. Outre le gain de temps pour les mamans qui travaillent, les petits pots présentent l'avantage de la sécurité : les légumes subissent tous un contrôle bactériologique et un contrôle de teneur en nitrates. Il est important de diversifier l'alimentation de votre enfant, pour éduquer son goût mais aussi pour régulariser sa fonction gastro-intestinale.

A neuf mois, vous pourrez introduire le riz en grains et le blanc d'œuf, s'il est bien cuit (le blanc d'œuf est en effet allergisant); l'enfant peut mastiquer et prendre des repas plus consistants avec "des petits morceaux".

Pour la préparation des premiers repas, il faut bien se rappeler :

• de ne pas ajouter de sel dans l'eau de cuisson

• de ne pas ajouter de sucre dans les compotes

• de ne pas réchauffer le plat trop longtemps à l'avance

• de vérifier la provenance et la qualité des légumes frais

• de prendre des farines sans gluten.

POUR LUI FAIRE ACCEPTER LE REPAS

Si l'enfant refuse son repas, ne le forcez pas trop, car vous risqueriez de provoquer chez lui, une aversion pour la nourriture qui pourrait le poursuivre jusqu'à l'âge adulte. Essayez plutôt de le faire manger dans une atmosphère sereine, loin de nuisances sonores, et sans objets de distraction à proximité. Variez les menus.

Un petit "truc de maman expérimentée" : si la cuillère ne lui convient pas, lavez-vous les mains et utilisez votre doigt les trois ou quatre premières fois. Le sevrage sera plus doux. N'oubliez pas que la température du plat doit être à peine tiède et que s'il faut habituer l'enfant à des goûts différents, il ne faut pas pour autant lui préparer des mets trop extravagants.

Enfin, si vous prenez des légumes frais, faites-les cuire à la vapeur, afin qu'ils conservent toute leur saveur et toutes leurs vitamines.

BIEN L'HYDRATER

L’exigence du nouveau-né en matière de liquides est bien supérieure à celle de l'adulte. Voici ce que vous pourrez lui donner à boire afin de récupérer ce qu'il aura perdu en sueur et en urine. «L'eau minérale: il est préférable de lui donner de l'eau en bouteille plutôt que de l'eau du robinet.

► Les eaux oligo-minérales ont une teneur en sel moins élevée que les eaux minérales. Les premières sont donc préférables aux secondes.

► L’enfant aime manger seul... ou du moins, il essaye. Laissez-le dans la limite du possible : Il va manger avec plus d'appétit, en s'amusant et en apprenant les gestes.

► La camomille : est un remède très efficace pour calmer l'enfant quand il pleure tout en lui apaisant la soif. Prise en petite quantité, elle ne fait l'objet d'aucune contre-indication. Elle est très bien tolérée par l'enfant.

► Les tisanes (très diluées): elles sont à base de menthe, de verveine, de camomille, de fenouil (qui est particulièrement indiqué comme antispasmodique en cas de coliques). Si l'organisme de l'enfant les tolère bien, lui-même n'apprécie pas toujours leur goût.

► Les jus de fruit : quand les fruits sont introduits dans l'alimentation de l'enfant, ils peuvent l'être aussi sous forme de jus. Le jus de fruit donne de l'énergie, il est riche en sucres naturels et est donc particulièrement indiqué pendant la période de la croissance. On trouve dans le commerce des jus de fruits spécifiques pour la première enfance : ils sont pré-homogénéisés et donc plus digestes.

LE DEUXIÈME REPAS

Six à huit semaines après le début du sevrage, l'enfant est habitué à la petite cuillère. Il peut apprécier le goût d'une nourriture plus savoureuse et plus variée que le lait. Il est donc prêt pour recevoir le deuxième repas solide. Dans la plupart des cas, les enfants embrayent sans difficulté sur ce deuxième repas, mais ils peuvent aussi avoir des réactions de rejet. Si c'est le cas, continuez à lui donner du lait. L’enfant finira par réclamer de lui-même un repas consistant le soir parce qu'il aura faim la nuit et se réveillera. De toute façon, votre pédiatre vous indiquera le meilleur moment pour passer au deuxième repas solide. Vous pourrez aussi essayer une solution intermédiaire qui consiste à lui donner une bouillie qui s'obtient en ajoutant au lait artificiel une farine de légumes, de fruits ou de céréales. Vous trouverez ces farines dans les pharmacies et les grandes surfaces. Vérifiez toujours qu'elles ne contiennent pas de gluten.

A cinq mois, votre enfant prend donc quatre repas par jour. Il prend du lait au petit déjeuner et au goûter (parfois sous forme de petits suisses) et deux repas consistants pour le déjeuner et le dîner. Son rythme se rapproche de celui des adultes. Chaque jour, ses menus s'enrichissent d'aliments nouveaux et, avec l'apparition des premières dents, il va goûter aux aliments avec des petits morceaux. Cependant, il a encore besoin d'un demi-litre de lait par jour. Si vous n'allaitez pas votre enfant au sein, vous devez passer à un "lait deuxième âge". Ce lait est spécialement étudié pour apporter aux enfants le fer, les acides gras essentiels, les sucres et les vitamines dont il a besoin.

PRÉPARER LE DEUXIÈME REPAS

Vous pouvez maintenant ajouter à la soupe de légumes initiale (faite à base de carottes et de pommes de terre), des épinards, des artichauts, du fenouil et d'autres légumes verts. (Toujours hachés menus).

Vous pouvez aussi égoutter tous ces légumes, les mixer ou les écraser. Ajoutez un peu de lait et vous obtiendrez une excellente purée de légumes. Si vous ajoutez du fromage râpé à vos préparations, veillez à ce qu'il soit pauvre en matières grasses et peu salé. A cet âge-là, vous éduquez son goût et lui donnez des habitudes alimentaires : il est donc très important de varier les apports nutritionnels.

Six à huit semaines après le début du sevrage, l'enfant est prêt pour prendre un deuxième repas solide. Il accepte généralement cette étape sans problème, mais il arrive aussi qu'il la refuse. C'est pour cette raison que vous devrez l'y préparer avec soin.