La naissance

Lanaissance

L'attente arrive à son terme. Votre enfant frappe à la porte du monde mais vous ne savez pas à quelle heure elle va s'ouvrir. Vous êtes à la fois impatiente. D’accoucher et terriblement anxieuse. Ne vous laissez pas envahir par des angoisses excessives, préparez-vous mentalement en lisant nos conseils et en discutant avec votre entourage. Et puis n'oubliez pas : la joie fait bien vite oublier la douleur. Toutes les mères pourront vous le confirmer.

Se relaxer avant d’accoucher

Que ce soit à la clinique ou à la maison, vous devez pouvoir compter sur l'aide d'une personne qui vous soutienne, mais vous même, vous devez commencer, dans le calme, à apporter à votre futur enfant votre collaboration.

Le travail va bientôt commencer : vous avez déjà ressenti quelques faibles contractions, encore sporadiques; peut être avez-vous perdu le bouchon muqueux qui précède la perte des eaux ? Ensuite, téléphonez à la clinique pour prévenir de votre arrivée.

Vous pouvez désormais attendre tranquillement l’arrivée de la personne qui va vous accompagner à la maternité : vous avez une heure devant vous avant que le travail ne commence vraiment. Profitez-en pour vous détendre.

Si vous projetez d'accoucher chez vous, vérifier que tout le nécessaire est prêt dans la chambre : une toile cirée que vous étendrez sur le lit, un chariot recouvert d'un drap propre sur lequel l'obstétricien pourra poser tout ce dont il a besoin, une lampe orientable, le berceau de l'enfant, une baignoire pour le laver et une balance. Une fois que vous aurez vérifié ce dispositif, efforcez-vous de vous distraire.

Si vous vous sentez fatiguée ou que les premières douleurs surviennent la nuit, essayez de dormir. Lorsque les contractions se rapprocheront, que vous en ressentirez une toutes les 5 à 6 minutes, il sera temps de vous rendre à la maternité. Si vous accouchez chez vous, à ce moment précis, l'obstétricien devra vous avoir rejointe. Essayez d'adapter votre respiration aux contractions. Pensez à votre enfant : ensemble vous allez affronter une longue épreuve; vous savez déjà que le résultat vaut bien tous ces efforts. Tâchez de trouver une position confortable. Détendez vous le plus possible pendant les phases de repos et concentrez-vous au maximum pendant les contractions. Ne craignez pas que la douleur vous fasse perdre le contrôle de vous-même : si vous avez suivi un bon cours de préparation à l'accouchement, s'il y a près de vous une personne qui vous soutienne physiquement et psychologiquement, qui vous rappelle comment respirer, et qui vous aide à prendre la position la plus utile, vous pouvez être sûre que vous allez être l'alliée parfaite de votre enfant.

L'utérus fournit à ce moment là beaucoup d'efforts : il se contracte et se dilate avec une efficacité croissante.

C'est ce mécanisme naturel qui permet à l'enfant de naître. La douleur qui accompagne les contractions est intense, mais très différente de celle d'une blessure ou d'une fracture : ce n'est pas une douleur due à une lésion mais une douleur fonctionnelle, utile. Vous la percevrez clairement et essaierez d'avoir toujours en tête que c'est grâce aux ccontractions que vous pourrez mener votre accouchement à terme. I ‘angoisse et la tension physique augmentent la douleur. S'il vous arrivait d'être en proie à la panique, vous pourriez demander un sédatif ou un analgésique. N'hésitez surtout pas à réclamer les conseils et les services de la sage-femme. Confiez-vous à elle.

Dans un passé encore récent, les femmes enceintes vivaient la douleur et les risques sérieux que cela comportait comme quelque chose d'inéluctable. Aujourd'hui, l'hospitalisation a généré d'autres angoisses : les femmes enceintes hospitalisées se sentent souvent déchargées de leur rôle, déresponsabilisées. Elles sont mal préparées, ce qui nécessite un soutien psychologique en complément de l'assistance médicale. C'est dans ce but que les cours de préparation à l'accouchement ont été créés : une série de rencontres collectives dans lesquelles on vous donne des informations pratiques sur ce qui se passe pendant l'accouchement et où l'on vous enseigne les techniques de relaxation, de respiration et de maîtrise de la douleur.

LES TECHNIQUES DE RELAXATION

La sophrologie et le yoga favorisent la relaxation. C'est pourquoi l'obstétrique les fait intervenir dans le cadre des cours de préparation à l'accouchement. On proposera plutôt le yoga aux femmes qui en faisaient avant d'être enceintes et la sophrologie aux autres. Voyons avec Jocelyne Debert, ce qu'est la sophrologie.

- Madame Debert, vous faites intervenir la sophrologie dans vos cours de préparation à l'accouchement. Précisez-nous ce qu'est cette méthode ?

• La sophrologie correspond à un travail approfondi sur les différents degrés de la conscience, elle développe une étroite relation de l'esprit avec le corps. Par le biais d'exercices de relaxation, les femmes enceintes apprennent à connaître tous leurs muscles pour pouvoir les détendre. Elles apprennent à se concentrer sur du positif, comme les sensations agréables que la relaxation procure, le contact avec le bébé, la respiration. Ensuite, elles redonnent petit à petit du tonus à leurs muscles. Ainsi, elles arrivent en salle de travail parfaitement sereines et détendues.

- Comment se déroulent les cours ?

• Avant tout, je préciserais que les mamans doivent être motivées, s'impliquer, croire en la sophrologie pour que ces cours soient efficaces. Il faut qu'elles puissent s'abandonner et avoir une totale confiance en la sage-femme. Les parturientes assistent à 6 cours pratiques, à 4 cours théoriques et dispo sent de cassettes vidéo pour s'entraîner chez elles. Pendant les cours pratiques, les parturientes font d'abord connaissance avec la sage-femme, apprennent les exercices qui soulagent les petites douleurs de la grossesse comme le mal de dos et ceux qui renforcent les muscles du périnée puis, elles pratiquent les exercices respiratoires adaptés aux différents moments du travail. Lors du troisième cours elles abordent la phase de l'expulsion puis, au quatrième, les techniques de relaxation. Au cinquième cours, elles visitent la clinique, les chambres, le service des prématurés et la salle de travail. On leur explique l'utilité de tous les appareils. Enfin, au sixième cours, elles révisent tout ce qu'elles ont vu précédemment et discutent de l'après-accouchement. Le dialogue est autant privilégié que la respiration et la relaxation pendant ces cours. La sage-femme répond à toutes leurs questions, à toutes leurs angoisses.

Je terminerais en disant que la plupart des femmes enceintes sous-estiment l'utilité des cours de préparation à l'accouchement. Mais toutes celles qui sont venues parce que leur gynécologue avait insisté en ont profité. Par contre, il faut mettre en pratique ce que l'on apprend pendant les cours, notamment les techniques de respiration, dès que les premières contractions se font sentir. Il ne faut pas attendre qu'elles soient douloureuses.

Si vous souhaitez vous préparer à l'accouchement, en fonction de la maternité où vous avez choisi de mettre au monde votre bébé, on vous proposera également la méthode classique qui consiste à dédramatiser l'accouchement. La peur est responsable des tensions qui rendent l'accouchement plus douloureux. Grâce à des cours théoriques sur l'accouchement, des exercices de respiration et de relaxation, la femme abordera l'accouchement plus détendue et plus confiante.

On pourra aussi vous proposer l'haptonomie périnatale, bien qu'elle ne soit ni une méthode, ni une technique de préparation à l'accouchement. C'est une rencontre avec l'enfant dans "le giron" de sa mère. Rencontre modulée selon les périodes de la grossesse. Elle permet aux parents de prendre soin du bébé pendant l'accouchement, de lui donner un accueil humain à la naissance. Franz Veldman, père de l'haptonomie, la définit comme "une science de l'affectivité". Haptonomie vient des termes grecques "hapsis" qui désigne le toucher, le tact, le sentiment, la sensation et "homos" signifiant la norme, la règle, la forme.

La relation affective des parents avec leur enfant pendant la grossesse modifie de façon visible le tonus, l'élasticité musculaire, donnant ainsi à l'enfant plus d'espace. Cette relation privilégiée aidera l'enfant à trouver son chemin au moment de la naissance et la mère à mieux vivre les contractions utérines. La psychoprophylaxie classique puis la sophrologie, le yoga et l'haptonomie sont, par ordre décroissant, les méthodes de préparation à l'accouchement les plus courantes. Les autres sont des méthodes complémentaires, qui permettent de mieux vivre sa grossesse et donc d'arriver détendue le jour J (la gymnastique aquatique, le massage et le chant prénatal...).

L'ASSISTANCE MÉDICALE

Les méthodes décrites jusque là servent à diminuer les douleurs de l'accouchement et non à les éliminer. Celles qui désirent vivre leur accouchement en pleine conscience mais sans souffrir du tout peuvent recourir à certains analgésiques, à la rachianesthésie et à la péridurale. Elles peuvent aussi profiter d'une anesthésie du col ou du périnée.

L'anesthésie du col (anesthésie péri· cervicale) consiste à injecter un analgésique à effet limité (1 h et 112 environ) autour du col de l'utérus. Pratiquée une fois le travail commencé, avec une dilatation de 6 à 7 cm pour ne pas prendre 1e risque de bloquer les contractions, el le peut provoquer le ralentissement du rythme cardiaque de l'enfant. L'anesthésie périnéale s'effectue en injectant l'anesthésique autour des muscles du périnée et du vagin ce qui les insenbilise. Elle se pratique pendant la phase d'expulsion, si elle est longue et laborieuse, ou lorsqu'il faut pratiquer une épisiotomie (une petite incision de la vulve et du périnée pour faciliter le passage de l'enfant).

L'ACCOUCHEMENT SANS DOULEUR

Il existe de nombreux moyens d'atténuer ou même d'éliminer la douleur pendant le travail et l'accouchement. Parmi les méthodes naturelles on peut citer l'acupuncture, qui peut être associée à des sédatifs légers.

Les avis sont bien sûr partagés sur son efficacité, mais le corps médical reconnaît qu'en général cette méthode permet de mieux se contrôler pendant les contractions, puis de se détendre pendant les phases de repos.

L'hypnose : est également une méthode naturelle qui requiert un entraînement préalable. L'hypnose ne marche pas sur tout le monde. Aussi vous faudra- t-il en vérifier à l'avance l'efficacité sur vous-même.

Le training autogène : Le training autogène: c’est la technique de base de tout exercice de relaxation, aussi est-il utilisé en psychoprophylaxie. Il relève de l'auto-hypnose.

Les narcotiques : Ce sont des médicaments analgésiants qui, administrés le plus souvent par voie intramusculaire, suppriment la sensibilité à la douleur. Ils peuvent, même si c'est rare, avoir des répercutions sur la bonne santé de l'enfant, à la naissance.

La péridurale : c'est une anesthésie locale qui consiste en une injection d'un produit anesthésiant entre les troisième et quatrième vertèbres lombaires, dans l'espace péridural.

Les nerfs afférents à la moelle épinière sont imprégnés de ce produit et le message de la douleur n'est plus transmis au cerveau. Elle supprime la douleur et permet à la mère de rester consciente (et donc d'assister à son accouchement).

Le principal reproche que l'on pourrait faire à la péridurale serait, qu'en péridurale serait, qu'en insensibilisant le bassin, elle annule certes la sensation de la douleur, mais elle supprime aussi l'envie naturelle de pousser pendant la phase d'expulsion. Les obstétriciens doivent alors recourir aux forceps ou à l'épisiotomie.

La rachianesthésie : ou rachianalgésie est également une anesthésie des membres inférieurs et du bassin obtenue grâce à une injection dans le canal rachidien (soit juste en dessous de l'endroit ou on fait la péridurale). Selon le Docteur Michel Loné, anesthésiste, "c'est une analgésie plus puissante que la péridurale; elle est parfaite dans le sens où elle n'entraîne aucun blocage moteur.

Les doses de produit anesthésiant sont inférieures à celles utilisées en péridurale et l'inconvénient est lié au fait que la durée et les effets de la rachianesthésie sont limités dans le temps (à deux heures et demi maximum). Pour contrer cet inconvénient, on peut combiner la rachianesthésie et la rachianesthésie et la péridurale, la seconde prenant le relais sur la première, si l'accouchement se prolonge ou s'il faut pratiquer une césarienne".

Les anesthésies sont désormais chose courante en obstétrique. Les risques sont aujourd'hui minimes et bien contrôlés.