L'ACCOUCHEMENT NATUREL

L'accouchement naturel ou physiologique est celui qui permet à la mère de participer de façon consciente à la naissance de son enfant.

L'expérience de l'accouchement est associée à toute une série d'émotions qui se succèdent. Il arrive souvent que la médicalisation de l'accouchement empêche la mère. De vivre pleinement cette aventure. La présence de médecins et d'appareils hospitaliers démystifie trop l'accouchement.

Le choix d'un accouchement naturel exclut toute assistance médicale : il est très rare. Pour y parvenir, il faut avoir suivi une bonne méthode de préparation à l’accouchement.

L'ACCOUCHEMENT ACCOMPAGNÉ

Lorsque le travail commence spontanément, mais que l'utérus ne se contracte pas suffisamment ou que le travail s'arrête, l'obstétricien peut décider de vous mettre sous perfusion d'ocytocine. Les contractions vont alors se rapprocher et s'intensifier, le travail va s'accélérer. La parturiente est hélas contrainte de rester allongée et n'a pas beaucoup de possibilité d'action. Mais au moins, à la fin de l'accouchement, elle sera moins fatiguée (la durée de travail étant plus courte) et l'enfant n'aura couru aucun risque respiratoire (ce qui peut être le cas lorsque le travail se prolonge trop longtemps). C'est un intermédiaire entre l'accouchement naturel et l'accouchement déclenché.

L'ACCOUCHEMENT DÉCLENCHÉ

L'obstétrique est un domaine qui subit aussi les phénomènes de mode. Les différentes techniques de préparation à l'accouchement en sont un exemple. L'accouchement déclenché pourrait en être un autre. La fréquence de ce type d'accouchement tend en effet à augmenter, en France et dans le monde. Un rapport du CNOF (Collège National des gynécologues et Obstétriciens Français) révèle qu'en France, le nombre d'accouchements déclenchés est passé de 8,5 % en 1972 à 20 % en 1995 : les déclenchements sans indication médicale sont en vogue. Lorsque l'accouchement est déclenché sans raison médicale, on parle d'accouchement programmé. Il correspond à un confort psychologique et organisationnel: la parturiente est soulagée par l'arrivée du terme de sa grossesse, elle peut organiser la garde de ses autres enfants, prévoir la présence du père et elle est certaine que l'équipe médicale sera au complet le jour de l'accouchement. Il faut toutefois en connaître les inconvénients. D'un point de vue médical, la patiente aura des contractions plus fortes et de l'hypotension (tension artérielle inférieure à la normale). D'un point de vue organisationnel : sa présence (et celle de l'équipe médicale) en salle de travail sera plus longue, ce qui compliquera la gestion du personnel et des salles d'accouchement et la fatiguera davantage. L'accouchement peut aussi être déclenché pour des raisons médicales. Il s'agit alors de réduire la morbidité et la mortalité foeto-maternelle. On y recourt dans les cas de grossesses prolongées, de rupture prématurée des membranes, d'arrêt de croissance du fœtus, de mal· formations fœtales évolutives ... D'un point de vue opérationnel, les médecins s'attachent à faire démarrer artificiellement le travail : ils introduisent des ovules de prostaglandine dans le col de l'utérus ou rompent artificiellement les membranes.

L'ACCOUCHEMENT DANS L'EAU

Dans certains hôpitaux il est possible, en faisant la demande à l'avance, d'accomplir le travail dans une grande baignoire remplie d'eau chaude. L'eau chaude a un effet relaxant qui atténue la douleur des contractions et permet d'affronter la phase expulsive de l'accouchement en étant plus détendue et concentrée. Dans certains pays européens les hôpitaux se sont organisés de façon que les deux phases de l'accouchement puissent s'accomplir dans de grands bassins. Ainsi, l'enfant passe directement du liquide amniotique, dans lequel il s'est développé, dans l'eau. Et c'est dans l'eau que l'on coupe le cordon ombilical et que l'on effectue les premiers examens. Ainsi, l'enfant s'habitue progressivement à son nouvel environnement.

L'ACCOUCHEMENT PAR CÉSARIENNE

L'accouchement par césarienne se pratique lorsque l'accouchement par voie basse apparaît impossible ou trop risqué. Les causes peuvent en être multiples : une maladie importante chez la mère telle que le diabète ou une grave cardiopathie, une mauvaise ouverture ou une soudure du bassin, une présentation par le siège ou par l'épaule, ce qui arrive souvent chez les primipares d'un certain âge.

Une césarienne peut aussi être décidée en urgence pendant le travail : par exemple, lorsque les contractions utérines sont trop lentes ou quand le travail s'arrête et que le monitoring révèle que l'enfant souffre d'un manque d'oxygène.

L'intervention consiste en une incision d'environ 15 cm. On pratique en générale l'incision dans le sens horizontal parce qu'ensuite la cicatrice sera cachée par les poils pubiens et surtout parce qu'une cicatrice horizontale est moins sujette à se rouvrir.

La césarienne se pratique sous anesthésie générale - ou locale - si la parturiente désire participer de façon consciente à la naissance de son enfant. Elle pourra alors tenir son enfant dans les bras dès la naissance. L'intervention ne dure que quelques minutes, c'est la suture des tissus qui exige le plus de temps. Contrairement à l'accouchement naturel, des douleurs apparaissent dans les jours qui suivent la césarienne et la femme qui vient d'accoucher devra éviter tout effort physique pendant une période plus ou moins longue.

L'ACCOUCHEMENT ASSISTÉ

Cette méthode est destinée à faciliter la sortie de l'enfant dans les cas où ce dernier court des risques, ou pour éviter des efforts à une parturiente souffrant du cœur. On utilise alors les forceps ou bien la ventouse.

L'ACCOUCHEMENT SANS DOULEUR

Ce n'est pas à proprement parler une méthode d'accouchement, mais plutôt une méthode d'accueil de l'enfant qui vient de naître, qui s'est établie à partir des observations et des études d'un obstétricien français, Frédéric Leboyer. Au moment de la naissance, l'enfant quitte un environnement sombre, chaud, protégé où il ne fait pas d'effort pour manger ou respirer, pour un monde totalement différent, plein de sensations fortes et inconnues qui génèrent au moment de sa naissance un sentiment de peur et d'angoisse. On cherchera donc à lui préparer un accueil qui lui donne la possibilité d'éprouver ces nouvelles sensations de façon progressive, sans chocs violents. La méthode Leboyer prévoit une salle d'accouchement où la lumière est diffuse, la température ambiante identique à celle de l'utérus ainsi qu'une musique douce et relaxante en fond sonore.

Les personnes présentes parlent à voix basse et manipulent l'enfant avec beaucoup de soins. A peine né, on le couche à plat ventre sur sa mère. Pour habituer progressivement l'enfant à la respiration, on ne coupe le cordon ombilical que lorsqu'il a cessé de battre. Ensuite, la sage-femme ou la puéricultrice immerge l'enfant dans un bain d'eau tiède pendant quelques minutes. Il se délasse en retrouvant l'élément dans lequel il a grandi tout au long de la période de gestation (lui rappelant le liquide amniotique). Après le bain, le pédiatre effectue les contrôles de routine et rend l'enfant à sa maman. Les praticiens adopteront également cette méthode si vous choisissez d'accoucher à la maison.

L'ACCOUCHEMENT A LA MAISON

Quelques femmes préfèrent accoucher à la maison. Elles sont réfractaires à l'hospitalisation avec ses règles, ses pratiques et ses contrôles, indispensables pour certaines mais superflus pour d'autres, et avec des méthodes qu'elles n'acceptent pas toujours. Ce choix est uniquement réservé à celles pour qui on prévoit un accouchement physiologique sans aucunes complications. Il est conseillé de choisir l'obstétricien qui doit s'occuper de l'accouchement assez longtemps à l'avance de façon à prévoir l'assistance médicale, à préparer ensemble la pièce où vous accoucherez et à nouer de vrais rapports de confiance et de complicité. Il faut néanmoins savoir que cette option comporte des risques énormes d'accidents et qu'il vaut mieux privilégier la clinique ou l'hôpital, parce qu'ils réunissent et garantissent les conditions optimales de sécurité, pour la mère comme pour le nouveau-né. En effet, un accouchement sûr dépend à la fois d'un équipement performant et d'une équipe obstétricale entraînée. La maternité corn· prend des équipements que vous n'aurez pas chez vous : les appareils de monitorage, de réanimation, les incubateurs ... et une salle d'opération équipée de l'appareillage d'anesthésie nécessaire à la maman et au nouveau-né, en cas d'urgence. Il ne s'agit pas de vous forcer à accoucher en milieu hospitalier, mais de bien vous faire sentir les risques encourus pour votre bébé (et à vous-même).