Le sein ou le biberon ?

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Le lait maternel est le plus adapté aux besoins du nouveau né. Il contient tous les éléments nutritifs nécessaires à sa croissance, est facile à administrer. Si des contre-indications à l’allaitement maternel se présentent, les mères auront recours à un autre lait. Le lait maternel contient des substances nutritives particulièrement recommandées pour le nouveau-né. Il ne présente aucun risque de contamination.

Notre organisme a besoin d'un apport constant en énergie pour permettre à nos organes d'assurer les fonctions vitales et pouvoir pratiquer n'importe quelle activité : cette énergie nous est fournie par la nourriture. I ‘organisme en croissance a davantage de besoins qu'un organisme arrivé à maturité car il doit en plus construire et développer ses propres structures.

Une des premières gratifications que le nouveau-né reçoit de son environnement concerne justement l'alimentation. La nutrition joue un rôle d'une grande importance dans la relation mère-enfant. L’allaitement au sein conditionne et renforce encore plus ces rapports et influe sur le développement physiologique et psychique de l'enfant.

Tout le monde s'accorde pour reconnaître que l'allaitement maternel est le meilleur choix, pour l'enfant, que la mère puisse faire.

Comme nous le rappelle la Leche League, association pour l'information et le soutien à l'allaitement maternel, "l'allaitement maternel présente certes de nombreux avantages pour l'enfant, mais également pour la mère et indirectement aussi pour la société."

LES AVANTAGES DU LAIT MATERNEL ?

Pour l'enfant

Comme on vous l'explique à la Leche League, le lait humain est le meilleur qui soit pour le bébé humain. C'est un liquide biologique. A ce titre, il est parfaitement adapté aux besoins du bébé et possède de multiples Facteurs de protection immunologiques et non-immunologiques. Le colostrum, ce liquide jaunâtre que les glandes mammaires sécrètent après l'accouchement, est particulièrement riche en anticorps, il protège le bébé dès sa naissance et le prépare à vivre dans l'environnement microbien de sa mère. Les tétées précoces, juste après l'expulsion, sont à encourager vivement pour prévenir la jaunisse et l'hypoglycémie, pour préserver la santé du nouveau-né en général.

L'allaitement maternel protège le nourrisson, entre autres maladies et complications, contre le virus syncytial (pathologie pulmonaire sévère), contre les otites (au moins pendant les quatre premiers mois), contre les allergies chez les enfants à risques (par exemple l'eczéma), diminue la fréquence des maladies diarrhéiques, des gastro-entérites, des reflux gastro-oesopagiens et surtout, proscrivant à la mère le tabac, il réduit les possibilités de mort subite du nourrisson.

Pour la mère

L'allaitement maternel est souvent assimilé à un esclavage ou dans le meilleur des cas, à un sacrifice nécessaire. Pourtant, si les femmes se donnaient la peine d'analyser certaines idées reçues, elles comprendraient que l'allaitement est également bon pour la mère, aussi bien sur le plan physiologique que psychologique. La première des idées reçues concerne l'altération de la plastique des seins; or, il est prouvé que ce qui abîme la poitrine, ce n'est pas l'allaitement en lui-même, mais les changements de volume. Pour les éviter, une bonne conduite de l'allaitement avec mise au sein précoce, tétées nombreuses les premiers jours et sevrage en douceur, est primordiale. Ensuite, les mères refusent d'allaiter elles-mêmes leur enfant parce qu'elles souhaitent retrouver tout de suite après l'accouchement leur poids-forme : la période de l'allaitement est à l'inverse idéal pour perdre un peu de poids (c'est le moyen le plus radical de consommer les kilos de graisse stockés en fin de grossesse, justement pour fournir l'énergie nécessaire à l'allaitement). Contrairement aux idées répandues toujours, l'allaitement contribue à protéger la mère contre le cancer de l'ovaire, réduit les endométrioses (affection de la muqueuse tapissant l'utérus, cause importante de stérilité). Enfin, la tétée précoce et les contractions utérines qu'elle provoque diminuent énormément les risques d'hémorragies après l'accouchement et aident l'utérus à reprendre plus rapidement sa taille, sa forme et sa tonicité. L'allaitement est un moment privilégié de bonheur, de plénitude, de communication directe avec l'enfant, de caresses. Il permet à la féminité d'être tout à fait à son comble.

Pour la société

L'allaitement maternel abaisse les taux de morbidité (nombre de personnes malades) et de mortalité. Les enfants nourris au sein risquent 10 fois moins d'être hospitalisés pour une infection bactérienne sévère et 4 fois moins de présenter une bactériémie (présence de bactéries dans le sang) ou une méningite. Si l'allaitement au sein était généralisé, selon les chiffres donnés par la Leche League il permettrait, en France, de réduire les dépenses de santé de plus d'un milliard de francs. C'est un vaccin naturel, une forme de médecine préventive, à peu de frais pour la société.

LES TROIS RÈGLES D'OR DE L'ALLAITEMENT AU SEIN

Pour vivre les débuts de l'allaitement dans les meilleures conditions possibles et éviter les difficultés les plus fréquentes, de nombreuses mères ont constaté qu'il suffisait d'appliquer tout particulièrement trois règles d'or.

Il faut allaiter le bébé aussi souvent que possible, pour assurer une sécrétion suffisante et éviter les engorgements, et aussi longtemps que vous le voulez. C'est un mythe absolu de penser qu'en restreignant la durée des tétées, on prévient les crevasses. 85 % des crevasses sont dues à une mauvaise position du bébé, 15 % à des problèmes de succion du bébé lui-même. Enfin, il faut éviter les biberons de complément ou d'eau sucrée et les téterelles (ou bouts de seins). A ce propos, si à la maternité, on vous propose des biberons d'eau glucosée et que votre bébé est en parfaite santé : refusez-les catégoriquement. Ils risqueraient de perturber son appétit et le cycle des tétées. Les biberons de complément peuvent perturber l'établissement de votre sécrétion et provoquer chez certains enfants une "confusion" entre la tétine et le sein (certains ne s'y retrouveront plus et refuseront le sein). L’usage des téterelles provoque le même réflexe et aboutit très vite à une baisse spectaculaire de la sécrétion de lait.

Nous attirons votre attention sur le fait que la prise de médicaments, en période d'alallaitement maternel, ne doit intervenir qu'en cas d'absolue nécessité et toujours sous surveillance médicale.

LES CONTRE-INDICATIONS ET LES PETITS TRACAS

Les contre-indications à l'allaitement naturel viennent essentiellement de la mère : ce sont les maladies infectieuses, la tuberculose, la leucémie, les anémies graves, l'épilepsie, certaines maladies chroniques. Certaines viennent de l'enfant (malformation labiale ou buccale) pouvant provoquer des crevasses au niveau des mamelons.

A côté des contre-indications, les mères peuvent être confrontées à des petits tracas qui les inciteront à passer à l'allaitement artificiel. Ce sont les crevasses {dues à une mauvaise position du bébé neuf fois sur dix), les engorgements, les lymphangites (plaques rouges sur le sein accompagnées de fièvre ou de malaise général qui guérissent spontanément à condition de faire téter aussi souvent que possible du côté atteint), la candidose (les seins sont extrêmement douloureux et le bébé a du muguet; un traitement antifongique apportera une amélioration nette en 24 heures), l'occlusion du canal lactifère (due à la présence de lait séché, supprimée par l'application d'un gant mouillé à l'eau chaude sur le mamelon avant d'essayer de tirer le lait), et le manque de lait, lequel est purement subjectif (cette impression correspond à la peur de la mère de ne pas avoir assez de lait et au fait que les besoins du bébé augmentent). Les mamans confrontées à ces petits problèmes pourront contacter les animatrices de la Leche League ainsi que les associations :"Solidarlait", qui réunit des mères et des professionnels de la santé ; et "Action pour l’Allaitement".

LE RÉGIME DE LA MÈREET LES BESOINS DU BÉBÉ

Les besoins calorifiques de la femme qui allaite dépendent de la quantité de lait qu'elle produit. Pendant l'allaitement, il y a une demande accrue de certaines vitamines, de certains sels minéraux, le calcium en particulier. Pour y subvenir, il n'est pas nécessaire de doubler sa ration alimentaire ou de "manger pour deux". Votre médecin pourra vous aider à trouver une alimentation équilibrée adaptée. L'enfant tête en moyenne dix minutes, vingt s'il est lent. Il n'absorbe pas forcément la même quantité de lait à chaque tétée. L'important c'est que la ration quotidienne soit suffisante et que le poids de l'enfant augmente environ de 200 grammes par semaine pendant les deux premiers mois. La mère doit manger normalement, de façon équilibrée (comme pendant sa grossesse), en évitant toutefois les aliments trop relevés tels que l'ail, l'oignon, le chou ... qui pourraient donner un goût trop prononcé au lait

STÉRILISER LES BIBERONS ET LES TÉTINES

Les biberons doivent être stérilisés, car le lait industriel ne possède pas de facteurs de protection immunitaire et l'enfant peut être confronté à des risques d'infection. Après avoir soigneusement lavé les biberons et les tétines, vous les stériliserez en les faisant bouillir ou en utilisant des comprimés de stérilisation à froid, à base de sodium, vendus en pharmacie ou en grandes surfaces. La solution de stérilisation s'obtient en diluant un comprimé dans 2 à 3 litres d'eau du robinet. Elle doit être renouvelée toutes les 24 heures. Vous y plongerez les tétines, les biberons et tous les accessoires en contact avec la bouche du nourrisson. Après vous être lavé les mains, vous pourrez préparer le biberon en diluant le lait en poudre (1 dose pour 30 ml) dans de l'eau qui ne doit impérativement pas être chauffée à plus de 35 degrés.

L’allaitement ARTIFICIEL

Si les mères ne peuvent ou ne veulent pas donner le sein, elles auront recours au lait de substitution. L’usage du lait de vache pour les nouveau-nés est à déconseiller car sa composition diffère de celle du lait humain : il est indigeste et allergène. On a aujourd'hui des variétés de lait très proches du lait maternel. Il s'agit de laits adaptés qui constituent la seule alternative au lait maternel pendant les premiers mois de la vie.

Pour obtenir ces produits, l'industrie a apporté certaines modifications au lait de vache:

• la quantité de protéines a été diminuée en remplaçant une partie de la caséine par des protéines du sérum

• la graisse lactique a été substituée par des graisses végétales de façon à augmenter la quantité d'acides gras insaturés

• la quantité de sucres a été augmentée par adjonction de lactose

• la quantité de sels minéraux a été diminuée afin d'éviter que les reins de l'enfant ne soient soumis à une surcharge de travail

• des vitamines ont été ajoutées pour satisfaire les besoins journaliers du nouveau-né.

Vous trouverez de nombreuses marques de lait artificiel en pharmacie et dans les grandes surfaces.

Les avantages du lait artificiel résident essentiellement dans son aspect pratique. En premier lieu, il se digère plus facilement (en règle générale) : bébé fait donc ses nuits plus tôt ! Ensuite le conjoint, la nourrice ou une tierce personne peut prendre le relais et donner elle-même le biberon au nourrisson : la mère y gagne alors en liberté d'action et la nuit, en qualité de sommeil.

OUELLE QUANTITÉ DE LAIT DOIT-ON DONNER AU NOUVEAU-NÉ ?

Le lait en poudre doit être dilué, de préférence, dans de l'eau minérale. Si vous utilisez de l'eau du robinet, faites-la bouillir car elle contient du plomb, substance aux effets toxiques pour le nouveau-né.

Le matin, il faut laisser couler l'eau pendant quelques minutes avant de l'utiliser car l'eau restée dans les canalisations toute la nuit a une très forte concentration en plomb.

Il faut aussi éviter l'usage des bouilloires fabriquées avec des matériaux contenant du plomb et éviter de faire bouillir l'eau trop longtemps car l'ébullition augmente ultérieurement le pourcentage de plomb contenu dans l'eau. La dilution du lait en poudre sera d'une mesure de lait (en général, 4,5 ou 5 g) pour 30 ml d'eau.

Il existe aussi du lait liquide prêt à l'emploi, en bouteille de 500 ml ou en boîte en métal, 1er et 2ème âges, également vendu en pharmacie et en grandes surfaces.